bikram

26 poses. 90 minutes. 40 degrés. Les dés sont jetés. Le Yoga Bikram tient une place bien à part dans l’univers des Yogas. Chaud comme la braise, j’ai poussé les portes du Yoga Bikram Paris et mis ce yoga sur le grill. 

De quoi le Yoga Bikram est-il le nom ?

Celui de son fondateur ! Bikram Choudhury, un prof de yoga indien originaire de Calcutta. Sur une base de Hatha Yoga, il a mis au point un protocole bien précis : pendant 90 minutes, il faut enchaîner 26 postures, deux fois (donc 52, en fait), dans une salle chauffée à 40,6°C, idem pour le degré d’humidité, afin de reproduire les conditions du climat indien. 

Yoga Bikram, qu’est-ce qu’on y gagne ?

Pêle-mêle, Yoga Bikram améliore souplesse, oxygénation du sang, concentration et qualité du sommeil. Il permet également d’éliminer les toxines (à la fin du cours, deux séries de 60 respirations s’en chargent), de renforcer le système immunitaire et cardio-vasculaire. Sans compter l’effet « peau de bébé » en sortant de ce « hammam sportif ». Mais, comme pour toute discipline, rien ne remplace le live. Place au test !

charles

Chaleur d’étuve

Je pousse les portes de ce studio de Yoga, situé à deux pas du tuyautesque Centre Georges Pompidou. Accueil simple, règles claires : pas de tongues, pas de portables dans la salle, tapis et serviette éponge obligatoire, pour les raisons que l’on imagine bien. Un peu décontenancé, j’observe la fin du cours précédent, et les visuels de positions accrochés au mur. Raide comme un piquet, le dos en compote, l’appréhension monte d’un coup lorsque les participants exécutent avec grâce les postures de l’arc ou de l’arbre. Puis, je demande à Derwell, manager du centre, d’immortaliser quelques clichés avant que le cours ne débute. Affiche totale, puisqu’il faut allumer la lumière alors que de nombreux yogis sont déjà en mode « relaxation » dans le noir. Hum, passons. La prof, Nathalie Ba, met tout le monde à l’aise (4 spécimen masculins, une quinzaine de femmes),  moi y compris pour ma « toute toute première fois ». C’est parti pour les Pranayamas, des séries de respirations profondes (uniquement par le nez), avec les doigts croisés sous le menton à l’inspiration, en montant les coudes, puis une expiration sonore (ça surprend, au début !) en mettant la tête en arrière, puis en ramenant les paumes, les avant-bras et les coudes. C’est long, mais Nathalie impulse le tempo, à mesure que mon mercure intérieur grimpe en flèche.

Deux sets et match

Derwell m’avait prévenu, le cours, c’est 40 minutes debout, idem de postures allongées. Demi-lune, je sais faire. Pieds joints, paumes de mains face à face, bras tendus derrière l’oreille, il suffit de se pencher d’un côté, puis de l’autre. Sauf que… Se tenir pendant une minute, en cherchant loin, la chaleur et l’humidité en plus… Dur ! Surtout que chaque posture est suivie d’un deuxième set. Donc, à refaire en allant plus loin ! Une jeune fille attrape sa bouteille d’eau. « Tu ne bois pas maintenant s’il te plaît », indique Nathalie, qui capte mon air un peu surpris : « pendant les 20 premières minutes, on échauffe le corps de l’intérieur. Il ne faut pas refroidir la température du corps avec de l’eau pendant ce moment ». Ok, deal.

Sueurs et tremblements

Les postures s’enchaînent, ma tête tourne, je m’arrête parfois, haletant. Comme Antoine Doinel du fond de classe, je regarde les aiguilles de l’horloge, qui m’indique 17H30. Trente minutes de cours seulement ? Moment de solitude. Impossible de faire le tour de ma jambe pour cette posture de l’aigle. Je fais donc comme je peux, en m’appliquant néanmoins. La yogi du premier rang, elle, exécute à la perfection la position de l’accipitridé. C’est rageant, mais sublime, alors je me tais. Sur la suivante, je prends mon pied (pas littéralement, évidemment) entre mes mains, le genou fléchi, puis essaie de tendre la jambe devant. Appuis instables, ma jambe tremble comme une feuille, difficile de rester en place. Nathalie, qui me voit bien impliqué, me gratifie régulièrement d’un « c’est bien, Charles », m’incitant au dépassement. J’oublie à chaque fois ce deuxième set, lequel entame parfois ma volonté de bien faire. Je sue maintenant à grosses gouttes, tandis que la femme du premier rang a trop donné, elle sort de la pièce s’hydrater et reprendre ses esprits. Je saurais plus tard que c’est une prof de yoga !

Savasana = ça va ça va

Place à la seconde partie du cours, au sol. Savasana, c’est la posture du mort. Allongé, jambes tendues, paumes vers le ciel, on se détend ! Mais bien vite, Nathalie relance la dynamique : « Situp, mains derrière la tête, on se redresse d’un coup avec une double expiration ». Je me sens nettement plus à l’aise avec cette partie, laquelle nécessite moins d’équilibre. Et puis, au sol, il fait moins chaud ! Vers la fin, on tient, on twiste, on vrille, en alternant avec un Savasana, que j’assimile mentalement à un « ça va ça va », ce temps de pause bien mérité, entre deux torsions du corps. Le temps s’écoule, pour laisser place à la relaxation, dans le noir, afin de revenir à un niveau normal d’excitation. 

charles

Verdict ?

Sur le papier, ce n’était pas gagné. Mon truc, ce sont les efforts courts et intenses. Pas ceux d’1H30 ! Mais en live, le Yoga Bikram m’a beaucoup plu. Je me sens bien, après ce cours. Les muscles étirés, la psyché relachée. La prof incite bien sûr à sortir de sa zone de confort. Il y a donc un côté compet/concentré, qui peut déstabiliser certain(e)s. Je pense qu’il faut au contraire rester centré sur ses sensations et faire du mieux que l’on peut soi-même. En fin de cours, Nathalie confirme ce feeling : « Il y aura toujours la bonne élève du premier rang qui fera mieux que vous. Au lieu de vous faire mal, appliquez-vous, Arrêtez-vous et reprenez la posture dès que vous pouvez plutôt que d’essayer de tenir la position qui n’est plus celle du Yoga Bikram ».

Quelques conseils :

  • Pour qui ? Le Yoga Bikram peut convenir à tous publics, sauf aux femmes enceintes et aux personnes connaissant des problèmes cardiaques. En cas de doute sur votre capacité cardio-vasculaire, consultez votre médecin.
  • L’estomac léger, c’est bien mieux. Evitez les repas trop gras, trop lourds ou trop sucrés juste avant.
  • Une tenue light : un mini short / brassière. Les hommes se mettent torse nu ou en débardeur. Evitez les tenues amples et longues, qui se chargeront d’eau au fur et à mesure de la séance.
  • 1H30 sinon rien : Certains centres raccourcissent la séance pour les urbains pressés. Préférez le temps originel, afin de prendre le temps de rentrer et de sortir d’une posture sans précipitation.

 

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Charles Brumauld (son Instagram)